Et si vos prochains hits n’étaient pas composés par des humains ? L’intelligence artificielle s’invite dans les studios et bouleverse la création musicale. On fait le point sur ce phénomène qui secoue l’industrie.
Vous avez forcément entendu cette version afro de Papaoutai de Stromae. Une reprise entièrement générée par une intelligence artificielle. Plus d’un million de vidéos TikTok, 19 millions d’écoutes sur Spotify. Ça représente entre 60 et 90.000 euros brut.
Alors le créateur affirme que Stromae est au courant et qu’il aurait donné son feu vert donc s’il a raison, Stromae touche sa part du gâteau. Si c’est pas le cas, on le saura vite….
Mais tout ça m’a, en tout cas, donné envie de creuser : l’IA est-elle en train de bouleverser la musique ? Selon Deezer, 30% des morceaux uploadés sont générés par l’IA, soit 30.000 nouveaux titres par jour.
J’ai appelé Christophe Pirenne, spécialiste musique à l’Université de Liège. Et il m’explique que… bah en fait, l’IA est déjà partout dans la musique. Pour trouver une rime, un beat, une mélodie, une structure de morceau… sauf que souvent, ce n’est pas trop assumé.
En fait, ce sont surtout les jeunes qui assument et qui testent sans trop se poser de questions sur les droits ou la législation. Comme à l’époque des remix, du téléchargement…Pour eux, le résultat compte et donc l’IA, ben c’est juste un nouvel outil… Parce que pour un rendu comme “Papaoutai Afro”, il faut quand même beaucoup de prompts : il faut choisir les chœurs, violons, rythme… tout doit être guidé.
Selon mon expert, l’IA va donc surtout servir à démocratiser la musique : tout le monde pourra créer des sons, même sans gros moyens. Comme ce mystérieux groupe « The Velvet Sundown » par exemple :
On n’a aucune idée de qui se cache derrière. Mais donc tout le monde aura accès à la musique. On aura beaucoup plus de morceaux chaque jour, l’IA sera un co-compositeur guidé par l’humain. Et qu’est-ce qui fera la différence ? Et bien l’univers, l’image et l’histoire de l’artiste derrière. L’humain ne disparaîtra pas puisqu’il faut guider cette IA, promouvoir ses morceaux et ce qui rapporte, ce sont les concerts et les tournées. Et là, spoiler : il faut toujours des humains
La vraie question, maintenant, c’est le cadre légal. Qui possède quoi ?
D’abord, il faut savoir qu’une chanson 100 % IA tombe dans le domaine public, donc pas de rémunération possible. Pour toucher des droits, il faut démontrer un certain taux de participation humaine. Le problème c’est que c’est assez floue.
Et surtout, il faut bien comprendre que l’IA ne crée pas à partir de rien. Elle s’inspire de tout ce qu’elle a ingéré. Dans une reprise comme Papaoutai, c’est flagrant, mais même pour des créations “nouvelles”, elle va imiter le style de Coldplay, la voix d’Angèle… sans rémunérer les artistes.
Du coup, certains labels, comme Universal, s’associent désormais avec des plateformes IA pour que ce soit transparent : on saura quelles sources ont été utilisées, et les artistes pourront toucher leur part.
Bref, on est encore aux balbutiements… mais les solutions commencent à émerger.
Chaque mardi à 8h15 sur NRJ, Charlotte Delhalle vous donne rendez-vous pour Geek News, la chronique qui décrypte l’actualité la plus chaude de l’univers geek et tech. Jeux vidéo, innovations high-tech, IA et culture web : rien n’échappe au radar de Charlotte.